Un autre des textes écrits lors de notre atelier d’écriture au festival Aiguelongue se la joue, le 16 octobre. Merci à Sasha de nous l’avoir envoyé !

 

Albert prend son thé, comme chaque matin, petit beurre à la main, mais il aimerait le tremper dans du lait.

Dire que tremper n’est qu’imbiber son petit déjeuner, dans du thé ou du lait, le choix presque cornélien qui nous ferait dire, ferait faire, ferait rien…

Son choix n’est pas vraiment celui de choisir entre thé ou lait, mais choisir son choix, ressentir, palper sa véritable envie, savoir, avoir, être son choix.

Boire son choix, comment le boire. Chaud ? Froid ? Un peu ? Beaucoup ? Tout entier ? Jusqu’à la dernière goutte puis engloutir sa tasse ? Ou l’oublier au bord de sa table et s’en aller.

Est-ce que l’oublier est un choix ? Un choix par défaut comme lorsque l’on n’enfile pas sa veste, sans se poser de question, parce qu’il fait trop chaud ? Voir et revoir, imaginer et reconstruire toutes les pièces à partir d’un choix connexe, alternatif, celui que l’on n’imagine pas, qu’on ne prévoit pas, qui n’existe pas, de l’irréel, irréaliste choix, aux irréalistes conséquences. Comprendre et penser comprendre l’inexistence, y penser, le dessiner, subjectiver hors de soi, une pensée fixe, dissociée, réelle et irréelle, un petit café ?

Bertal lèche son nez, comme chaque aurore, pétillant enfant au bras, mais il aimerait le laver sur du blé.