Bonjour à vous, cette semaine un texte nous est proposé par Rainbow White.

Vous pouvez le lire tout en écoutant l’OST de no man’s sky qui a servi d’inspiration pour ce texte. Bonne lecture !

Je regarde à l’horizon. Un peu à droite. Un peu à gauche. Devant moi, le sable s’étend à perte de vue. L’infini. Une Terre presque sacrée.

Je continue d’avancer. Je déguste l’absence de son. Seulement le bruit de mes pas dans le sol. Fleurant le sable, déplaçant des montagnes.

Seulement le bruit de ma respiration. Le léger murmure quand mes cordes vocales se frôlent sans mon autorisation. Je les laisse faire. Car il n’y a plus personne pour s’en soucier.

Je n’ai jamais ressenti de satisfaction dans les foules. Je les ai longtemps observées, petites, immenses, à perte de vue. Leur brouhaha, leurs actions constantes, folles, intéressantes, leurs créations… ça ne m’a jamais fait ressentir. Je préfère l’infiniment petit. Les grains de sable à peine perceptibles. Les nuances des bleus d’un ciel à première vue uniforme. Le soleil, d’abord souffrance floue puis, puis à peu, rond aux contours parfaits. Je ne reviendrai jamais de cette avancée, car il n’y a plus rien derrière moi. Et je pourrais être regretté.e, vous pourriez me courir après, je ne reviendrai pas. Car le soleil n’a qu’une seule voix. Une seule direction. Un chemin tout tracé dont la course ne s’arrête jamais.

Je continue d’avancer. Je déguste ; car chacun de mes pas semble se rapprocher d’une fin inexistante.

Un caprice.

Une balade.

Chaque grain de sable est un de mes compagnons. Solitaire. Mouvant. Détaché de l’univers. Inarrêtable. Je regarde à l’horizon. Devant moi, c’est le soleil qui me guide ; compagnon silencieux d’une traversée infinie.

Le jour où la nuit tombera, je m’arrêterai. Un chevalier à l’armure rouillée, bloqué au fond d’une oasis. Peut-être qu’au matin, le soleil viendra me repêcher. En souvenir.

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