Elizabeth nous a fait parvenir ce texte pour le blog de l’association. Nous vous laissons le plaisir de le découvrir :

 

 

Sur la table trônait une petite boîte.

D’un bois sombre et légèrement luisant, elle était ornée de ferrures argentées, ouvragées mais doucement ternies.

Une traînée de soleil qui filtrait par les interstices du volet faisait étinceler dans l’air des poussières en suspension, déposées sur la boîte par les années.

 

Deux mains s’approchèrent de la boîte.

Les mains aux ongles longs dessinèrent des sillons dans la poussière, plus pour s’approprier la sensation du couvercle verni que pour le débarrasser des grains gris et lourds.

Elles glissèrent sur les arêtes de la boîte et s’approchèrent de la serrure.

Puis s’arrêtèrent.

 

La clé était nichée au fond de sa poche.

Elle attendrait plus tard pour ouvrir la boîte.

Elle préférait ne pas passer trop longtemps ici.

 

Et, malgré le fait qu’elle voie la boîte pour la première fois, et qu’elle ne corresponde pas à l’idée qu’elle s’en faisait, elle connaissait son contenu par cœur.

 

Les mains se saisirent de la boîte, qui se retrouva enfouie au fond d’une besace de cuir usée, rapiécée, mais qui tenait encore la route.

La bride de la besace fut rajustée sur l’épaule de celle qui la portait. Les chaussures s’éloignèrent de la table, faisant craquer le parquet.

 

La porte se ferma à nouveau.

 

La table se dressait, nue, un rectangle de bois plus sombre s’était dégagé.

Une traînée de soleil qui filtrait par les interstices du volet faisait étinceler dans l’air des poussières en suspension, soulevées par les pas de l’héritière.

 

Elizabeth Doria est une amateure. Maquilleuse, elle écrit des petits textes et nouvelles qu’elle partage parfois à Six Sens.