Samsara marche beaucoup. Elle part et voudrait ne plus s’arrêter. Elle pense beaucoup. Mais à force de marcher, d’échauffer ses pieds, de sentir le vent sur son visage, de voir tout ce qui l’entoure, sans personnes, seule, ou presque, car ça grouille de vie dans la forêt, elle ne pense plus. Elle ne sait pas où elle va, elle découvre, c’est ça qui est bien. Il y a presque quelque chose de mystique là dedans. Elle se sent bien.

Elle se dit, voilà, maintenant, personne ne me voit, ne me contrôle, ne m’identifie. C’est comme un micro moment dans le temps qui lui permet d’échapper à tout.  Elle devient transparente. Elle sent son corps se mouvoir, transpirer, bouger, respirer, vivre. Elle voudrait que cela continue sans cesse.

Mais il est temps de faire demi tour. Elle aimerait ne jamais faire demi-tour. Ne jamais aller à contre sens.

Je marche et je me sens bien. Mais il est temps de rentrer. Le soleil commence à se coucher. C’est un moment apaisant de voir cette lumière se tamiser, mais l’angoisse revient petit à petit. Il faut rentrer. Retourner dans sa boîte, son chez-soi. C’est bien d’avoir un chez-soi. Mais son chez soi peut vite devenir une boîte. Il faut rentrer, préparer à manger, penser à demain, car demain il faut retourner travailler. Dans une autre boîte. Nos vies sont dans des boîtes.

Mais… au final quel bonheur de pouvoir sortir de sa boîte quelques instants. C’est ce qui nous permet d’apprécier ce moment.

A tiens une chenille est restée coincée dans ma capuche. Je l’ai emmené dans ma boîte! Quel drame! J’en fais quoi?! Peut-être qu’elle pense aussi « je dois retourner chez moi », retrouver ma famille, chercher à manger, et retrouver mon cocon pour devenir papillon. Je ne sais pas qu’en faire…

A très bientôt Samsara.

montagnechenille

Texte de Magali Terrisse